Le sujet de la communication
Nom de l’Auteur: Thomas Heller
Fonctions: Enseignant-chercheur
Rattachement institutionnel: IUT-A Université de Lille1, GERIICO Université de Lille3
Adresse électronique:
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Publicat in Colocviul 2007, Sectiunea a II-a, Comunicarea interna
Or, ce qui caractérise aussi la communication, c’est sa dimension comportementale, incorporée par le salarié ; compte tenu des conditions communicationnelles de la performance des organisations, cette dimension incorporée constitue un enjeu important : il importe, en effet, que le salarié sache « bien communiquer » ; pour cela, il y a des formations, des évaluations ; mais les dispositifs d’incitation à la communication (travail en groupe, blogs, usage des TIC dans le cadre du travail), cadrés par des logiques qui échappent aux salariés contribuent certainement à une forme de ce qu’on pourrait appeler une socialisation communicationnelle.
L’hypothèse que nous développons ici, en nous appuyant notamment sur certains concepts de Michel Foucault, est que la communication comme comportement est objet et cible d’un pouvoir. Ce pouvoir trouve sa justification dans les logiques qui fondent la performance de l’organisation et logiques qui constituent les principaux ressorts de la mise en utilité/docilité : une logique d’image, une logique de productivité, une logique de coopération.
Pour autant, la communication ne se réduit pas à des exigences hétéronomes, et c’est aussi ce qui fait sont intérêt comme objet de réflexion sur les formes modernes du gouvernement des individus. La communication est aussi envisagée comme compétence, capacités, à la fois dimension de la personnalité et pouvant faire l’objet d’un travail dans une perspective d’amélioration de soi; le rapport du communicationnel au pouvoir ne s’exprime pas ici dans les termes de la coercition ou de l’imposition, de la domination mais dans ceux de la construction, d’un développement qui serait personnel (à moins qu’il ne s’agisse d’un leurre).
Il nous semble que la notion de sujet (notion sur laquelle nous apporterons quelques précisions) convient particulièrement pour exprimer cette dialectique de la communication, dont le rapport au pouvoir oscille entre logique de domination (assujettissement) et logique de construction de soi (construction identitaire) et qui caractérise ce que Foucault appelle la gouvernementalité.
Cette proposition s’inscrit dans une réflexion plus large concernant le rôle de la communication dans le gouvernement des salariés, et relève d’une approche critique de la communication ; c’est-à-dire une approche qui se propose d’interroger la communication organisationnelle en la rapportant aux thématiques du pouvoir, de la domination, du gouvernement. Sans faire ici le point sur les tendances actuelles dans ce domaine, on mentionnera en introduction quelques travaux de recherche relevant de cette orientation, ainsi que des travaux relevant d’autres champs des SIC qui proposent un point de vue critique sur la communication. On notera plus particulièrement l’intérêt d’une articulation entre sociologie et psychologie pour saisir ce rapport du communicationnel au pouvoir et à la domination, dans un contexte socioculturel, marqué par une exigence social d’autoconstruction.
Bibliographie indicative
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Selon Sandra Bellier (1997) la compétence communicationnelle est une dimension importante de la valeur du manager, qui lui permet de se distinguer des autres salariés qui ne seraient pas dotées des mêmes capacités, ce qui lui assure un certain prestige, mais en même temps le fragilise, dès lors que cette dimension est aussi, par le biais de mesures, ce qui peut causer sa perte… Perte d’autant plus importante qu’elle est rapportée à une dimension personnologique.